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Histoires

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Témoignage de Marie-Anne Delugré contre Pierre Le Gardeur, sieur de Repentigny

Servante chez les Le Gardeur en 1686, Marie-Anne Delugré accuse Pierre, le fils aîné, de viol et de menaces de mort.

Marie-Anne Delugré épouse Gilles Gadiou en avril ou mai 1686. Elle travaille alors comme servante à Repentigny chez les Legardeur, les seigneurs du lieu. Pierre Le Gardeur, l'aîné de la famille la violait, la battait, la séquestrait et la menaçait de mort afin qu'elle se taise. Elle était enceinte d'environ quatre mois à son mariage. Quelques mois plus tard, le 7 juillet, Marie-Anne demande la protection du Gouverneur de la Nouvelle-France, Jacques-René de Brisay, marquis de Denonville, contre les mauvais traitements que lui inflige son mari, qui l'a de plus chassée du foyer conjugal. C'est à l'occasion de l'enquête faisant suite à cette plainte que qu'elle décide de dévoiler au grand jour les traitements Le Gradeur lui a fait subir.

Le sieur Migeon de Branssat, agissant à titre de juge civil et criminel de Montréal, rapporte son témoignage:

Lors de la troisième et dernière année de service de Marie-Anne Delugré chez le sieur de Repentigny, ce dernier...

«a fait Tous Ses effortz pour La Corrompre et avoir Sa Jouissance Charnelle et Comme Il a Veu que La Complaig.te ne Voulloit pas Luy accorder Ce quil Souhaittoit d'Elle en Luy Ravissant Son honneur Il Sest Servy de la force et dans Le fort de sa passion et brutalité a laquelle resistoit et se deffandoit de son aproche Il sest Servy de Menasse Et Meme de son Espée pendant quatre differants occasions faisant Semblant de la Voulloir Egorger et Luy perser La poitrine Luy a Couppé Les agraffes de ses Jupes et Mettant Touttes Ses forces en uzage pandant Labsance de sa femme et de ses enfans quil Esloignoit expres afin d'avoir plus de facillité dassouvir sa Brutalité Ravir et Violler Lhonneur de lad Complaigante qui Se Voyant persecuttée et Menassé destre Ruée par Luy dUn Coup de Fuzil Sy elle ne Consantoit a ses Infames desirs et Viollances et attouchementz Impudicques enfin estant espuizée de force et de moyens de lempescher elle sest veue reduitte par Ses assiduittez ne pouvant sabsanter de sa Maison qui est Seulle.»

Marie-Anne n'en aura pas moins résisté plus d'un mois avant de s'avouer vaincue. Mais le supplice ne fait qu'empirer. Il menace de la tuer si jamais elle raconte quoi que ce soit, même à son confesseur. Afin d'éviter d'éveiller les soupçons, il «L'Injuroit et La Maltraittoit en presence des personnes qui venoient au Logis».

Gilles Gadiou lui avait par le passé proposé de l'épouser. Elle le fréquente quelque peu puis décide d'accepter sa demande malgré les menaces de Pierre Legardeur qui est fou de rage à l'annonce du mariage. Or, enceinte de Pierre Le Gardeur, Marie-Anne Delugré sera bientôt chassée par Gilles Gadiou qu'elle venait d'épouse. Elle se réfugie alors chez les Demers. Pierre Legardeur s'y rend pour menacer de la tuer si elle devait lui attribuer la paternité de l'enfant à naître.

Elle l'accusera, pour le viol et les menaces de mort. Devant le tribunal, elle exige de lui une pension alimentaire pour elle et l'enfant, et qu'une fois né, le père l'élève dans la religion catholique et lui fasse apprendre un métier pour qu'il puisse gagner sa vie.

L'enfant sera baptisé le 28 septembre. Il s'agit d'une fille, prénommée Cécile. L'acte de baptême semble indiquer que le père a finalement dû reconnaître sa paternité: «Le 28 septembre 1686 a été baptisée Cécile, fille du Sr d'Arpentigny, le père comme l'a déclaré Madame Demars. La mère femme de [espace laissé en blanc]. La marreinne Jeanne Hébert.» Nous ne savons pas ce qu'il est advenu de cette fille. René Jetté, dans son Dictionnaire généalogique des familles du Québec des origines à 1730 ne rapporte à son sujet ni mariage, ni acte de sépulture.

Si on a imposé une peine quelconque à Pierre Legardeur sieur de Repentigny, elle n'a pas dû être bien sévère. Brisay de Denonville lui octroie une commission de capitaine de milice dès avril 1687.

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